La relation entre la qualité de l’information sur les média sociaux et la confiance des citoyens envers une agence gouvernementale

Arshad, S., Khurram, S. (2020). Can government’s presence on social media stimulate citizens’ online political participation? Investigating the influence of transparency, trust, and responsiveness. Government Information Quarterly, 37(3). 

 

Contexte

La participation politique des citoyens donne la possibilité à ces derniers d'exercer leur droit et de s’impliquer davantage dans la gestion politique. La participation citoyenne représente pour les décideurs politiques et l’administration une source d'informations variée. Cependant, les canaux de participation politique sont généralement fastidieux et chronophages. Dans cette perspective, les progrès des technologies de l’information et de la communication peuvent grandement faciliter le processus de participation des citoyens. L’objectif de cette publication est d’examiner empiriquement la relation entre les informations de qualité fournies par une agence gouvernementale sur les médias sociaux et la confiance des citoyens qui suivent l’agence gouvernementale sur les médias sociaux. Cette publication questionne la relation entre les concepts de transparence, de confiance et de réactivité. Les chercheurs ont mené une étude de cas au sein d’une agence gouvernementale pakistanaise.

Définition

Le concept central de la publication est celui de la participation politique des citoyens. La participation politique des citoyens se réfère à toute interaction entre des citoyens et des entités politiques (c'est-à-dire des fonctionnaires ou des agences gouvernementales) ayant pour objet d’influencer les décisions politiques.

 

Résultats
  • La publication d'informations de qualité par l'agence gouvernementale sur les médias sociaux a une influence positive sur la participation politique en ligne des citoyens qui les suivent. Plus largement, plus les citoyens qui suivent les médiaux sociaux d’une agence gouvernementale sont informés des activités de cette dernière, plus ils sont susceptibles de participer à la vie politique.
  • Plus l'agence gouvernementale publie des informations actualisées et pertinentes sur les médias sociaux, plus les citoyens pensent que l'agence gouvernementale garantit des pratiques transparentes.
  • Plus l'agence est active et présente sur les médias sociaux, plus elle apparaît réactive pour les citoyens qui la suivent.
  • La publication d'informations de qualité par l'agence gouvernementale sur les médias sociaux contribue également à développer la confiance des citoyens qui la suivent.
  • Les résultats de recherche tendent à montrer les deux relations causales suivantes : la diffusion d'informations par l'agence gouvernementale augmente la perception de transparence des citoyens qui la suivent ; l’augmentation de la perception de transparence des citoyens qui suivent l’agence gouvernementale sur les médias sociaux développe la confiance des citoyens envers ladite agence gouvernementale. La transparence constitue donc la variable médiatrice entre la confiance des citoyens (variable dépendante) et la diffusion d’informations de qualité par l’agence gouvernementale sur les médias sociaux (variable indépendante).
  • De manière inattendue, les individus faisant confiance à l'agence gouvernementale ne tendent pas à participer davantage. Les résultats montrent que si les citoyens estiment qu'une agence gouvernementale est suffisamment sensible aux préoccupations générales de la société, les individus ne jugent pas nécessaire d'apporter leur contribution. Ce résultat s’expliquerait par l’existence d’un « biais de négativité » dans la société pakistanaise qui amène les individus à réagir davantage aux événements négatifs.
Messages clés pour la politique et la pratique
  • En raison du faible niveau de participation politique en ligne, les agences gouvernementales devraient prendre des mesures pour encourager les citoyens à donner davantage leurs points de vue et partager leur opinion. Cela peut se faire en développant des stratégies de médias sociaux au sein desquelles les citoyens sont encouragés à donner leur avis et leur permettant d’influencer réellement les décisions politiques prises par l'agence gouvernementale.
  • Les agences gouvernementales doivent prendre conscience que leur disponibilité et leur présence sur les médias sociaux peuvent atténuer la problématique de la méfiance des citoyens à l'égard de leur organisation.
  • La publication d'informations de qualité sur les médias sociaux produit plusieurs résultats positifs tels qu'une augmentation de la perception de transparence et de la réactivité ainsi qu'une augmentation de la confiance des citoyens envers ladite agence gouvernementale.
Méthode et limites de la recherche
  • La publication repose sur une étude de cas d'une agence gouvernementale de normalisation alimentaire pakistanaise, la Punjab Food Authority, en utilisant un modèle d'enquête quantitative.
  • Les données ont été recueillies par le biais d'une enquête menée auprès des membres de la page Facebook officielle et du compte Twitter de la Punjab Food Authority. Sur environ 500 questionnaires envoyés aléatoirement, 387 réponses ont été prises en compte pour l'analyse.
  • Les données ont été analysées à l'aide d'une technique de modélisation par équation structurelle. Des tests de validité ont été effectués par l'analyse factorielle de confirmation.
  • Cette étude comporte six limites :
    • L'échantillon de cette étude est limité à une seule agence ce qui limite la généralisation des résultats.
    • L'échelle adaptée pour mesurer la participation politique en ligne des citoyens dans cette étude ne fait pas de différence entre les aspects positifs et négatifs.
    • Le profil démographique de l'échantillon indique que la majorité des participants à l'étude sont des jeunes hommes, ce qui limite l'inclusion égale de l'opinion et donc la généralisation des résultats aux deux sexes et à tous les groupes d'âge.
    • La présente étude porte sur la confiance dans les agences gouvernementales, tandis que la confiance dans les moyens de communication en ligne n'a pas été testée, ce qui aurait également pu prédire la propension des citoyens à participer à la vie politique sur les médiaux sociaux.
    • La traduction du questionnaire de la langue anglaise vers la langue ourdoue a pu causer une déviation par rapport au sens original.
    • Les chercheurs estiment qu'il existe un « biais de négativité » dans les pays en développement comme le Pakistan, où les gens ne fournissent pas un retour d'information lorsqu'il y a une plainte à formuler ou lorsque tout va bien. Cette observation est une piste pour expliquer la réduction de la participation lorsque les niveaux de confiance et de perception de la réactivité sont élevés.
Financement de la recherche

Cette recherche n'a bénéficié d'aucune subvention spécifique de la part d'organismes de financement des secteurs publics, commercial ou à but non lucratif.